Judex a pekin

vie a pekin voyage en chine jeux olympiques

16 mai 2008

Des témoignages éprouvants...

Chine : « Et je n'ai même pas de photos de ma fille... »


Lundi, la vie de Hua Feng Li a basculé « en trois minutes », l'école primaire de sa fille unique de 9 ans et de ses 239 camarades s'est effondrée avant qu'un piège de rocs déboulant des montagnes ne l'ensevelisse.

À Beichuan, 80 % des logements sont détruits et 5 000 habitants ont été tués. Des centaines d'autres sont ensevelis. Un fonctionnaire a été dégagé vivant. La mère d'une écolière veut garder espoir.

Quatre jours après le terrible séisme qui a frappé le sud-ouest de la Chine, de faibles répliques secouent encore la province du Sichuan. Des bâtiments lézardés s'effondrent. À Beichuan (30 000 habitants), 80 % des logements ont été détruits.

Jeudi, il n'a pas plu dans ce district montagneux. Au contraire, il a fait chaud, très chaud pour les soldats chinois et les équipes médicales qui oeuvrent sans relâche à la recherche de survivants.

72 heures sous les décombres

Cet homme fait partie de ces miraculés. La quarantaine, corpulent, le visage très pâle, il est étendu sur un brancard, le long du chemin, près des tentes d'un hôpital de fortune. On lui a posé une perfusion et une serviette sur les yeux. Le médecin qui le soigne et lui parle doucement raconte.

Lundi, vers 14 h 30, ce fonctionnaire municipal revient de déjeuner quand la terre se met à trembler. À la première secousse, l'homme ne s'inquiète pas et rassure même ses cinq collègues : « Inutile de s'alarmer. » Mais les murs bougent à nouveau et il est trop tard pour sortir du bâtiment. Les six fonctionnaires se cachent sous les tables. Trois d'entre eux sortiront vivants, soixante-douze heures plus tard, grâce aux militaires qui ont entendu leurs cris.

Des histoires comme celle-ci, il y a en a eu 600 à Beichuan. Si peu, comparé aux 5 000 corps revenus sur des brancards, empaquetés et ficelés, portés par les soldats à travers des longs chemins escarpés, inaccessibles aux véhicules lourds.

Seule l'institutrice a survécu

Ceux qui ont échappé à la mort bravent aujourd'hui les risques d'éboulement pour tenter de rechercher leurs proches. Comme Hua Feng Li, 38 ans. Lundi, sa vie a basculé « en trois minutes », sanglote-elle. Elle est perchée sur un amas de briques, de terre et de boue, haut comme deux étages. Voilà ce qu'il reste de l'école primaire de sa fille unique de 9 ans et de ses 239 camarades. Lorsque les premiers tremblements se sont produits, les élèves ont été évacués sur le terrain de jeux. Mais un piège de rocs déboulant des montagnes de 1 000 mètres s'est refermé sur eux.

Hua Feng Li était dans les champs, c'est son mari qui l'a prévenue. Lui était aussi au village, mais il a réussi à s'échapper sur les hauteurs. « On n'a pas pu prévenir les secours immédiatement, à cause du réseau téléphonique qui ne marchait pas », raconte-t-elle. « C'est un policier, qui a porté sur ses épaules soixante personnes avant que les secours arrivent, mardi. Maintenant, il est à l'hôpital tellement il est épuisé. »

De cette école, aucun enfant n'a été retrouvé. Seule la maîtresse de sa fille a survécu. « Elle est venue me voir, pleine de chagrin. Je lui ai dit que ce n'était pas de sa faute, c'est un grand désastre. »

Hua Feng Li n'a plus d'espoir pour ses parents, écrasés par le plafond de leur maison, dans ce même village. Mais elle s'accroche à l'idée que sa fille pourrait être seulement blessée. « Elle pourrait m'appeler » à l'abri sous une pierre. Les larmes aux yeux et la voix sanglotante, elle se souvient d'une jolie petite fille, « un petit génie de la danse qui, à 5 ans, savait nettoyer et cuisiner. » Elle ressasse dans sa tête toutes ces images. « C'est tout ce qu'il me reste, je n'ai même pas de photo de ma fille. »

Posté par judex à 14:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=227591&pid=9197720

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :